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ⓘ Nature



                                               

Nature (homonymie)

Nature Air en La Nature, journal français fondé en 1873 par Gaston Tissandier. Dame nature, personnification de la nature en tant que figure maternelle. Nature, une revue scientifique britannique. La nature. La nature est une sculpture d’Alfons Mucha réalisée au XIX e siècle. En grammaire, la nature dun mot regroupe un ensemble demplois linguistiques apparentés. Nature, qualité dun produit nest pas parfumé.

                                               

Animal

Les Animaux sont en biologie, selon la classification classique, des êtres vivants hétérotrophes, c’est-à-dire qui se nourrissent de substances organiques. On réserve aujourdhui le terme "animal" à des êtres complexes et multicellulaires, bien qu’on ait longtemps considéré les protozoaires comme des animaux unicellulaires. Comme les autres êtres vivants, tout animal a des semblables avec qui il forme un groupe homogène, appelé espèce. Dans les classifications scientifiques modernes, le taxon des animaux se nomme Animalia, création originale de Linné en 1758, eu égard au Code international ...

                                               

Géologie

La géologie est la science dont le principal objet détude est la Terre, et plus particulièrement la lithosphère. Discipline majeure des sciences de la Terre, elle se base en premier lieu sur lobservation, puis établit des hypothèses permettant dexpliquer lagencement des roches et des structures les affectant afin den reconstituer lhistoire et les processus en jeu. Le terme "géologie" désigne également lensemble des caractéristiques géologiques dune région, et sétend à létude des astres. La géologie moderne prend forme à partir du XVII e siècle, du désir de comprendre la structure de la Ter ...

                                               

Botanique

La botanique, nommée auparavant phytologie, est la science consacrée à létude des végétaux. Elle présente plusieurs facettes qui la rattachent aux autres sciences du vivant. La botanique générale recouvre la taxinomie, la systématique, la morphologie végétale, lhistologie végétale, la physiologie végétale, la biogéographie végétale et la pathologie végétale. Certaines disciplines, comme la dendrologie, sont spécialisées sur un sous-ensemble des végétaux. La connaissance fine des végétaux trouve des applications dans les domaines de la pharmacologie, de la sélection et de lamélioration des ...

                                               

Relief (géomorphologie)

Le relief est la forte variation verticale dune surface solide, soit positivement, en saillie, soit négativement, en creux. Ce mot est souvent employé pour caractériser la forme de la lithosphère terrestre. La géomorphologie distingue traditionnellement trois grands types de relief: la plaine ; le plateau ; la montagne. Dautres types de relief incluent la vallée, la colline, le fjord, la gorge et, immergés, le haut-fond, le mont sous-marin, la dorsale et la fosse océanique. Le dénivelé est la différence daltitude entre deux points du sol. La pente, la position vis-à-vis du niveau de la mer ...

                                               

Eau

L eau est une substance chimique constituée de molécules H 2 O. Ce composé est très stable et néanmoins très réactif, et leau liquide est aussi un excellent solvant. Dans de nombreux contextes le terme eau est employé au sens restreint deau à létat liquide, et il est également employé pour désigner une solution aqueuse diluée. Leau est ubiquitaire sur Terre et dans latmosphère, sous ses trois états, solide glace, liquide et gazeux vapeur deau. Leau extraterrestre est également abondante, sous forme de vapeur deau dans lespace et sous forme condensée solide ou liquide à la surface, près de ...

                                               

Continent

Le mot continent vient du latin continere pour "tenir ensemble", ou continens terra, les "terres continues". Au sens propre, ce terme désigne une vaste étendue continue du sol à la surface du globe terrestre. Cependant, en géographie, la définition est souvent amendée selon des critères faisant appel à des habitudes historiques et culturelles. On retrouve ainsi certains systèmes de continents qui considèrent lEurope et lAsie comme deux continents, alors que lEurasie ne forme quune étendue de terre. Cette situation a abouti à lexistence de plusieurs modèles de continents, qui vont de quatre ...

Nature
                                     

ⓘ Nature

Le mot nature est un terme polysémique: il peut signifier la composition et la matière dune chose, lorigine et le devenir dune chose, lensemble du réel indépendant de la culture humaine, ou lensemble des systèmes et des phénomènes naturels.

Au sens commun, la nature peut regrouper:

  • certains phénomènes épisodiques de la nature.
  • les milieux ;
  • les groupes despèces, les individus et les mondes qui les abritent: végétal forêts…, animal, incluant lespèce humaine et lenvironnement humain et les autres niveaux trophiques dont le fongique, le bactérien et le microbien ;
  • lenvironnement biophysique, lhabitat et les milieux dit naturels terrestres, aquatiques ou marin ; préservés à forte naturalité et dégradés ;
  • les paysages sauvages, les paysages aménagés et altérés ;
  • les "forces" et principes physiques, géologiques, tectoniques, météorologiques, biologiques, lévolution qui constituent lunivers et celles qui animent les écosystèmes et la biosphère sur la Terre ;

Face au constat des répercussions négatives des activités humaines sur lenvironnement biophysique et la perte accélérée de naturalité et de biodiversité au cours des dernières décennies, la protection de la nature et des milieux naturels, la sauvegarde des habitats et des espèces, la mise en place dun développement durable et raisonnable et léducation à lenvironnement sont devenues des demandes pour une grande partie des citoyens de la plupart des pays industrialisés. Les principes de léthique environnementale, de nouvelles lois et des chartes de protection de lenvironnement fondent le développement dune idéologie culturelle humaine en relation avec la biosphère.

                                     

1. Étymologie et évolution du sens

Si létymologie du terme "nature" est relativement bien connue, lévolution de son sens est beaucoup plus complexe à déterminer, et ce terme a connu des significations très différentes voire contradictoires pendant son histoire.

Le mot nature est attesté en français depuis 1119. Il vient du latin natura, qui désignait "le cours des choses ; le caractère naturel, la constitution, la qualité ; lunivers" et littéralement "naissance". Le terme vient lui-même du participe passé nasci "être né". Si ce terme signifie essentiellement le "caractère inné" au II e siècle avant notre ère, le latin classique, notamment par le biais de Cicéron, va lenrichir de tous les sens du terme grec phusis, beaucoup plus complexe et obscur et dont il devient la traduction en philosophie latine.

Comme le dit Merleau-Ponty, "le mot latin "nature" vient de nascor, "naître, vivre" ; il évoque donc ce qui existe depuis la naissance, ce qui est dans son état natif, sans modifications. Ce mot est la traduction latine du mot grec phusis, du verbe phuein, dérivé de la racine phu qui désigne la croissance végétale. Phuein, cest léclosion, ce qui se manifeste en révélant ce qui était contenu dans la semence; ainsi, le phuein, cest le propre de la plante qui croît à partir de soi-même, qui a son centre de changement à lintérieur et non pas à lextérieur, comme une pierre". Pour Merleau-Ponty, cette parenté de la phusis et du végétal fait que "est nature ce qui a un sens, sans que ce sens ait été posé par la pensée. Cest lautoproduction dun sens".

Cette étymologie indique que les anciens grecs et romains avaient une conception dynamique, "vitaliste" de la nature, conception selon laquelle le vivant nest pas réductible aux lois physico-chimiques de la matière. Pour les grecs de lantiquité, Aristote en particulier, la nature est une puissance dengendrement des êtres, mais cette puissance nest pas séparée des choses elles-mêmes, elle leur est "immanente": "chaque être naturel a en soi-même un principe de mouvement et de repos".

Aristote énumère cependant plusieurs définitions différentes de la nature, et introduit une opposition entre le naturel et lartificiel: le naturel est ce qui est produit par la phusis, ce qui existe par soi-même, lartificiel est ce qui est produit par la technè, par laction et le travail humain. Cest cette opposition qui sera plus tard reprise dans la philosophie romaine par Cicéron à travers lopposition nature/culture.

Cette notion vitaliste sest estompée au XVII e siècle où le mot devient synonyme dunivers matériel, réglé par des lois. Cest ainsi que Fontenelle, après Descartes, dira que "la nature est en grand ce quune montre est en petit". Mais si cette vision mécaniste de la nature reste encore largement répandue, elle a été critiquée par Engels dans son Anti-Dühring: pour lui il faut concevoir la nature, aussi bien sur terre que dans lunivers comme un processus évolutif, historique et dialectique: rien dans la nature ne reste identique à soi, tout change et se transforme en permanence Voir Darwin et lévolution des espèces; la théorie du Big Bang; Alfred Wegener et la dérive des continents etc.

                                     

2. Philosophies de la nature

Dans lusage commun et religieux, la nature a longtemps été présentée dichotomiquement en Europe, comme ce qui est autour de lHomme, qui nest pas lui opposé à la culture, et qui est animé par des processus ou des forces qui lui échappent au lieu de cette philosophie spéculative quon enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de leau, de lair, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature".

Dans sa philosophie, Descartes introduisit des rapports radicalement nouveaux entre la lhomme et la nature, divisant le monde entre "res extensa" et "res cogitans".

Avec l’âge classique au XVII e siècle, et la naissance de la science moderne, on assiste ainsi à l’invention dune nouvelle représentation de la nature. Cette représentation est le résultat de la croyance de beaucoup de philosophes des XVII e et XVIII e siècles, selon lesquels la nature était gouvernée par une loi universelle, la gravitation. On perçoit une extension des limites du monde connu à dautres planètes. Le monde sétend alors au système solaire dont on connaît les "lois" dévolution quil est possible de décrire sous une forme mathématique.

La méthode expérimentale permit de faire progresser la connaissance de l’histoire "naturelle" i.e. des sciences naturelles. Ce qui a fait dire à Maurice Merleau-Ponty "Ce ne sont pas les découvertes scientifiques qui ont provoqué le changement de l’idée de Nature. C’est le changement de l’idée de Nature qui a permis ces découvertes".

Émancipation de la pensée

Lépoque moderne a aussi inventé la liberté de pensée cogito ergo sum, dit Descartes, il devient possible de parler publiquement dathéisme.

L’intervention divine devient alors plus abstraite, confinée au mystère de la foi. Ainsi, certaines formes dempirisme ne rejettent pas la notion de foi et de religion, au contraire: la méthode expérimentale du physicien et chimiste irlandais Robert Boyle, par exemple, sappuie sur une foi vécue dans lexpérimentation scientifique.

Descartes rejette la conception aristotélicienne de la nature, lexistence de Dieu étant perçue sur un plan purement métaphysique. Une nouvelle conception de l’homme apparut au XVIII e siècle, un homme qui sappuie davantage sur la raison et sur lexpérience pour comprendre le monde. Au XIX e siècle, la notion même de métaphysique sestompe presque complètement, submergée par les idéologies.

Spinoza reviendra sur les propos de Descartes quil récuse notamment à travers son expression Deus sive Natura "Dieu, cest-à-dire la Nature". Spinoza, dans Le Traité théologico-politique et lÉthique identifie Dieu à une Nature "nécessaire", divinité infinie et immanente qui fait un avec la nature. La substance universelle se compose ainsi aussi bien du corps que de lesprit.

La conception de lhomme, développée par Descartes, est tardive en Occident, mais également inédite dans l’histoire du monde. Les sciences humaines n’héritent pas d’un domaine vacant car l’ "homme n’existait pas".

Mais cette émancipation partielle de lhumanité na pas pour autant supprimé toute forme de croyance. Pendant les Lumières, alors que les pratiques religieuses sont souvent perçues comme des superstitions par les philosophes, la conception populaire dune sacralisation de la nature prit une emphase toute particulière. Ainsi, la croyance en un dieu créateur est très présente à travers le déisme: Voltaire ne croyait-il pas en un dieu créateur, qui aurait abandonné lhumanité à son triste destin? Cette croyance poussée à lextrême engendra le culte de la Raison et de lÊtre suprême. Il est significatif de constater que dans ce contexte de déchristianisation, parmi les fêtes civiques, cest la fête de la nature qui aura réellement du succès.

Évolutions sémantiques et esthétiques

Ce changement de représentation se fit à la faveur dun changement linguistique majeur: lapparition du français classique.

Ainsi, le mot physique, qui étymologiquement, en grec, signifie la nature dans son ensemble phusika, changea de sens pour prendre un sens presque exclusivement scientifique.

Un autre corollaire fut une évolution de la sensibilité esthétique. La hiérarchie des genres de la peinture classique, par exemple, accordait peu dimportance au paysage. Celui-ci occupa à partir du XIX e siècle une place beaucoup plus importante.

                                     

2.1. Philosophies de la nature Sens multiples du mot nature

La conception cartésienne de la nature na pas pour autant supprimé le sens que donnent les naturalistes à ce mot. Lhistoire des sciences naturelles montre que linteraction des êtres vivants entre eux et avec leur milieu a été une préoccupation constante de beaucoup de scientifiques, qui a pris une importance croissante jusquà lavènement dune écologie plus holistique, dont la naissance peut se situer vers le XVIII e siècle. Elle illustre la diversité des thèmes étudiés en écologie, et de façon plus générale dans les sciences naturelles.

Une étude de 2020 suggère quil existe actuellement quatre sens principaux au terme "nature", irréductibles les uns aux autres:

  • La nature vue comme l entièreté du monde physique, donc synonyme dunivers ou de cosmos ; elle soppose alors à lirréel, au surnaturel.
  • La nature vue comme l essence, le caractère inné, lensemble des propriétés fondamentales dune chose ou dun être, cette dernière définition ayant un usage grammatical distinct, fondé sur la locution "nature de". Cette définition aurait pour antonymes les idées de dénaturation ou de transmutation.
  • La nature vue comme la part du réel qui "est par elle-même", et subsiste sans intervention dune volonté ou dune activité humaine, qui seront alors qualifiées d "artificielles" vision définie par Aristote et quon retrouve dans la philosophie romantique notamment chez Rousseau et Marx ; cest la définition utilisée dans lidée de "grand partage" entre nature et culture étudiée par Philippe Descola ; elle soppose alors à la culture, lartifice, lintention et la raison. "La nature" est alors ce qui ne subit pas la mise en forme dune finalité humaine technique. Cest dans cette optique quexistent certains produits qualifiés de "naturels" ou biologiques, leur production nayant pas nécessité de produits "inventés" par lhomme par exemple un aliment sera dit "naturel" lorsquil ne contiendra aucun adjuvant de synthèse. Cette distinction sous-entend une séparation entre lhomme et la nature sur le critère de lintention sens moral.
  • La nature vue comme la force spécifique qui fait advenir et changer le monde ; elle soppose alors à linertie, à lentropie ;

La notion de nature porte donc en elle des questions philosophiques, à travers les rapports que lhomme entretient avec le milieu naturel et lenvironnement, ses conceptions de la vie sociale, et les multiples sens quil est possible dattribuer au mot nature dans les représentations sociales.

Le mot nature a donc conservé des sens multiples polysémie. Les préoccupations environnementales actuelles montrent combien il importe didentifier ces sens et leurs finalités dans chaque contexte particulier: suivant la définition utilisée, le rapport de lHumanité à la "nature" nest pas le même, et lidée de "conservation de la nature" change dobjet, dobjectifs et de méthodes.



                                     

3.1. Composantes de la nature Terre

La Terre est la seule planète connue pour abriter la vie et ses caractéristiques naturelles font lobjet de nombreuses recherches scientifiques. Au sein du Système solaire, cest la troisième la plus proche du Soleil ; cest la plus grande planète tellurique et la cinquième plus grande de toutes. Ses principales caractéristiques climatiques sont la présence de deux grandes régions polaires, deux zones tempérées relativement étroites et une vaste région équatoriale tropicale à subtropicale.

Les conditions atmosphériques ont été considérablement modifiées par rapport aux conditions dorigine par la présence de formes de vie, ce qui crée un équilibre écologique qui stabilise les conditions de surface. Malgré les grandes variations régionales du climat selon la latitude et dautres facteurs géographiques, le climat mondial moyen à long terme est assez stable pendant les périodes interglaciaires, et les variations dun degré ou deux de la température moyenne mondiale ont eu historiquement des effets majeurs sur léquilibre écologique et sur la géographie de la Terre.

Voir:

  • Échelle des temps géologiques
  • Climat et météorologie
                                     

4.1. Homme et nature: lenvironnement Une relation ambigue

Le caractère imprécis de la définition même de "Nature" entretient une ambiguïté dans la relation entre Hommes et Nature.

La biosphère terrestre étant de plus en plus marquée par lempreinte de lHomme, il devient de plus en plus difficile dy trouver des espaces purement "naturels" au sens de "dépourvus dinfluence humaine". La nature au sens le plus strict est refoulée dune part vers le bas, dans le sous-sol lointain et les grands fonds océaniques, et dautre part vers le haut, dans lespace intersidéral. Les phénomènes climatiques eux-mêmes ne sont plus considérés comme indépendants de lactivité humaine.

Dun autre côté, le concept est souvent employé dans un sens dérivé pour désigner des espaces aménagés par lhomme mais dans lesquels une large place est réservée à des peuplements végétaux et animaux ; cest ainsi quon peut parler de nature à propos dune forêt, même si elle est cultivée et exploitée depuis des siècles, et quon qualifie même de parcs naturels des territoires où sexercent des activités agricoles intensives dotées de moyens mécaniques et chimiques modernes. Dans ce cas, le qualificatif naturel désigne certaines caractéristiques paysagères variables selon le lieu et sans définition universelle et nimplique pas labsence dartifice humain. Il fait référence à un mode de gestion de lespace par lHomme, plutôt quà une absence dintervention humaine.

Le mot naturel a également été employé à lépoque coloniale dans un sens équivalent à celui du mot anglais native, cest-à-dire au sens étymologique, pour désigner les habitants natifs des pays colonisés. Cette appellation, qui ne se voulait pas injurieuse, avait cependant une connotation raciste dans la mesure où elle suggérait que ces hommes vivaient dans des conditions plus "proches de la nature" que les autres. Dans le même ordre didées, limagination populaire représente souvent les hommes de la Préhistoire comme plus naturels que les hommes daujourdhui, suggérant que la nature correspond à un état primitif dont le progrès amène inéluctablement à séloigner.

Lidée de nature a été remaniée par la culture urbaine à travers la notion mythique de sauvagerie désignant de manière générale ce qui est extérieur à la civilisation. Le fait que le même mot sauvage soit utilisé dune part comme un synonyme de naturel et dautre part pour qualifier des actes particulièrement violents ou cruels même sils sont commis dans des sociétés urbaines avec des moyens techniques sophistiqués met bien en évidence une certaine tradition idéologique qui place plus ou moins consciemment du côté de la nature ce qui est étranger à la culture dominante et/ou mauvais. Paradoxalement, il se trouve aussi que, dans dautres contextes, le mot naturel est employé dans la langue populaire comme un synonyme de normal, légitime ou logique ; la Nature, lieu de la sauvagerie, est donc aussi celui du bon sens fondamental et, par voie de conséquence, elle est la source des principes les plus légitimes de lHomme civilisé.

Le développement des sciences et des techniques au cours des deux derniers siècles a été, de son côté, largement accompagné par une idéologie dopposition entre lHomme et la Nature, la connaissance étant généralement perçue comme un instrument de domination de la Nature plutôt que comme un moyen de vivre en harmonie avec elle. Cette époque a vu aussi se développer la philosophie du droit naturel, dont découlent notamment les droits de lhomme et selon laquelle lHomme se verrait attribuer par nature des prérogatives immuables ; mais ici le paradoxe nest quapparent, car dans ce contexte la notion de nature est employée dans le sens de nature humaine, et nimplique aucune espèce de "réconciliation" avec la Nature.

En fait, la distinction entre lhumain et le naturel repose essentiellement sur des notions historiques et subjectives, voire contradictoires. La question de son bien-fondé universel reste ouverte. La distinction parfois conçue comme une opposition a été inspirée et justifiée par le besoin, dorigine religieuse ou découlant de certaines formes dhumanisme, de représenter lHomme comme un être en-dehors ou au-dessus de la Nature même si par ailleurs lHomme nest pas séparable de son environnement naturel avec lequel il est en interaction permanente et dont il ne peut pas plus saffranchir que nimporte quelle autre espèce vivante.

                                     

4.2. Homme et nature: lenvironnement Destruction de la nature

Voir les thèmes suivants:

  • Pollution, émissions de gaz à effet de serre
  • Ignorance de lenvironnement biophysique, de lécologie
  • Irradiation
  • Exploitation de ressources naturelles, déforestation, pêche, agriculture
                                     

5. La Nature dans le droit et la jurisprudence

La forêt, stratégiquement importante pour la fourniture du bois, a fait lobjet dune protection foncière particulière, renforcée en France depuis Colbert au XVII e siècle. Récemment, le génome des espèces sauvages ou domestiques a pris une valeur juridique particulière avec une privatisation permise par "marques" de propriété dhybrides et variétés végétales "créées" ou isolées par les semenciers puis les premières autorisations de brevetage du vivant. Mais la faune, la flore, la fonge et les organismes vivant sont encore en France et dans de nombreux pays considéré par le législateur comme res nullius chose sans propriétaire.

Depuis peu, et au niveau international, ils tendent cependant à être identifiés comme une partie du bien commun, quest la biodiversité, source de services écosystémiques ; ce qui donne une "valeur" nouvelle à la nature, notamment marquée en Europe par les directives Habitat ou Oiseaux.

La "Nature" a récemment dans plusieurs pays, dont en France acquis un droit de protection, puis de représentation, assimilable dans une certaine mesure et dans certains cas à celui des droits des "victimes". Ainsi, les aménageurs doivent prospectivement appliquer le principe "éviter > réduire > compenser" les impacts écologiques lors des grands projets. Et, en cas de pollution ou de catastrophe, le pollueur doit maintenant prendre en charge des compensations et/ou réparations. Théoriquement, cela se fait selon le principe pollueur-payeur, qui reste cependant difficile à appliquer quand la pollution est ancienne ou diffuse.

Le principe de "préjudice écologique" a été en France, en 2012, confirmé par la Cour de Cassation lors du procès de lErika.



                                     

6.1. Nature dans lart et la culture Interaction des communautés humaines avec la nature

La notion de nature renvoie a priori à l’idée d’un domaine ayant ses propres principes de développement, qui serait hors de l’action de l’homme. Or, on réalise aujourdhui que le changement climatique a une origine anthropique. L’idée de nature n’est donc pas suffisante. Il y a une complémentarité et une interaction entre la nature et les communautés humaines. L’esquisse de cette complémentarité réciproque peut séclairer avec la notion de culture écologique.

On constate par exemple que les notions de patrimoine naturel et de patrimoine culturel sont intimement liées, en observant le patrimoine mondial de lUNESCO qui dresse une liste de sites naturels et culturels.

La convention de 2007 de lUNESCO souligne linteraction des communautés humaines avec la nature, dans la définition qui a été donnée du patrimoine culturel immatériel:

"Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment didentité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine".

Voir aussi: Culture et nature

                                     

6.2. Nature dans lart et la culture Les deux sens du mot culture en français

La notion de culture recouvre deux sens:

Le premier correspond à l’idée de civilisation. Cette idée est aussi ancienne que lhistoire de lhumanité, mais a trouvé une nouvelle signification avec la Philosophie des Lumières. Dans ce sens, la culture est le trait distinctif de l’espèce humaine, associé à ses savoirs et savoir-faire. Cette conception française de la culture serait plutôt individualiste.

Le second est le sens allemand, émergeant sous l’influence du romantisme. La culture est la configuration particulière de croyances coutumières, traits matériels, organisations sociales… elle est une totalité singulière, une sphère autonome incommensurables avec d’autres totalités. Cette conception plus collective soppose à la conception française.

Dans Les Mots et les Choses, Michel Foucault définit l’anthropologie comme l’étude des rapports entre la nature et la culture. Globalement on peut appréhender cette question en distinguant les anthropologies matérialistes et les anthropologies symbolistes.

Les anthropologies matérialistes s’intéressent aux fonctions structurantes de la vie matérielle. L’idée sous-jacente est que la nature est un déterminant de base: elle y est définie en termes ethnocentrique, comme étant le moteur de la vie sociale. On y trouve l’anthropologie marxiste des années 1970 en France, pour laquelle la nature est une donnée brute qui peut être appropriée ou transformée, et l’environnement naturel est une précondition de l’environnement économique. On trouve aussi la sociobiologie et l’écologie culturelle, entre lesquelles on souligne un certain parallèle puisque pour les deux, la cause ultime des comportements revient au champ de la nature. Dans tous les cas, pour les anthropologies matérialistes, la culture est une forme particulière d’adaptation à une nature qui serait partout un élément déterminant et conditionnant.

Les anthropologies symbolistes s’intéressent aux caractères symboliques de la vie sociale. Elles mettent l’accent sur les aptitudes des hommes à créer un monde de signification et d’intentionnalités dépendant des déterminations brutes de la nature.

Dans Anthropologie Structurale 2, Lévi-Strauss dit que l’anthropologie est la discipline qui pense la relation entre la nature et la culture. La dichotomie nature / culture soulevée, l’opposition nature / culture suggère deux possibilités. Soit la culture est ce qui donne un sens à nature la culture impose sa signification à la nature. Soit la nature détermine les rapports sociaux la nature donne forme à la culture.

                                     

6.3. Nature dans lart et la culture L’opposition nature/culture comme outil analytique

La dichotomie nature / culture utilisée comme outil analytique est en partie dérivée de Claude Lévi-Strauss. Il l’a notamment utilisée comme opérateur central pour décoder les mythologies. Celui-ci a été reconnu pertinent par les ethnologues de ces sociétés amérindiennes. La mythologie retrace la construction de la nature sur un fond initial d’indifférenciation culturelle. Chez Lévi-Strauss, l’opposition, là où elle est pertinente, c’est-à-dire dans les mythes, n’est qu’une façon de mettre une étiquette sur des contrastes.

L’écologie culturelle donne un crédit illimité à la nature. L’anthropologie structurale, à ce propos, n’oppose pas une forme d’idéalisme mais aussi un naturalisme, mais un naturalisme de principe. Lévi-Strauss n’a jamais varié dans l’idée que la nature conditionne les opérations intellectuelles, la nature devenant donc une construction empirique. L’étude naturaliste doit permettre de comprendre la structure des groupes culturels. Ce qui intéresse Lévi-Strauss est de rendre compte de la manière dont l’esprit opère dans des contextes culturels et géographiques distincts ex: les Mythologiques. La mythologie révèle dans une forme épurée les opérations d’un esprit qui n’est plus condamné à mettre en ordre, mais qui peut "jouer" avec les règles de fonctionnement de la pensée.



                                     

6.4. Nature dans lart et la culture Remise en cause de cette dichotomie

La dichotomie nature / culture est une spécificité culturelle occidentale développée en Europe à partir de la Renaissance puis en Occident moderne de Descartes à Darwin, qui s’est répandue dans le monde entier, en même temps que s’accroissait l’influence politique, culturelle et commerciale de l’Occident, mais qui nest pas partagée universellement. Ce paradigme n’est pas simplement un outil analytique parmi d’autres, il est aussi la clef de voûte de l’épistémologie moderne. Ainsi, Philippe Descola dans Par-delà nature et culture 2005 distingue quatre "modes d’identification" qui sont le totémisme, l’animisme, lanalogisme et le naturalisme. Selon lui, seule la société naturaliste occidentale produit cette frontière entre soi et autrui à travers l’idée de "nature" dans le sens de "ce qui ne relève pas de la culture", ce qui ne relève pas des traits distinctifs de l’espèce humaine, et des savoirs et savoir-faire humains une des quatre définitions énumérées plus haut.

Son usage comme outil analytique en ethnologie a parfois été fécond. Toutefois, et Descola l’a montré dans Par-delà nature et culture, l’idée de nature est étrangère à de nombreuses sociétés.

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